Dans l'ordre alphabetique ...

Récits de voyage > journal de voyage
Zimbabwe - Bulawayo
de Le petit Robert, le 20-10-2007

Dans l'ordre alphabetique ...

« La situation politique au Zimbabwe, avec la perspective d’élections législatives et présidentielles en mars 2008, reste extrêmement tendue. Après les violentes répressions contre l’opposition en février et mars 2007, les forces de sécurité ont de nouveau procédé, fin juillet, à des arrestations et à des actes d’une grande brutalité, en particulier envers de nombreux défenseurs des droits de l’homme.

    …

 En conséquence, tout projet de déplacement au Zimbabwe doit sérieusement prendre en compte ces différents facteurs. »

C’est forts de ces conseils avisés du site du Ministère des Affaires Etrangères (www.diplomatie.gouv.fr) et de bien d’autres mises en garde reprises ci-dessous que nous avons opté pour l’option Zimbabwe. Les infos prises auprès des touristes croisés en route et l’envie de nous rendre compte par nous même ont prévalu. L’option Botswana ne nous tentait à vrai dire que très modérément avec ses longues lignes droites et ses contrées désertiques peu propices au vélo.

« Dans un contexte d’hyperinflation (+1 600% en glissement annuel à la date du 31 janvier 2007) et d’un taux officiel de change totalement surévalué, le marché parallèle connaît une expansion sans précédent. En dépit de son caractère illégal, il capterait, selon certains analystes, 80% des transactions financières du pays. »

Première épreuve, une fois sur place, changer des dollars en dollars … zimbabwéens. Le cours officiel est à plus ou moins 30 000 $Zim pour 1 $US. Le cours officieux qui grimpe a vitesse vertigineuse est d’environ 500 000 $Zim pour 1 $US, soit un léger écart de plus de 1500% ! Reste que les officieux ne courent pas les rues et font assez peu de publicité. On se demande bien pourquoi. Nos demandes de renseignements pour savoir ou changer ont embarrassé plus d’un passant. Nous avons finalement pu changer discrètement au cours officieux dans d’officielles agences de voyages.

« Il est déconseillé d’utiliser les moyens de transport ferroviaire. »

Pour limiter raisonnablement notre expérience en pays à la dérive à quelques jours, comme à notre habitude, nous avons pris le train. Entre Victoria Falls et Bulawayo. A l’arrivée, après une bonne nuit de sommeil dans un wagon plein des supporters de foot légèrement alcoolisés, nous avons eu la cruelle déception de constater que nos vélos dûment enregistres la veille n’avaient pas pris le même train que nous. « Manque de personnel pour les charger » nous a-t-on objecté. C est bien la première fois en Afrique ou la main d œuvre est souvent plutôt en sur-sureffectif.

Nous avons donc du patienter 2 jours avant de repartir. Le temps de profiter des infrastructures plutôt modernes de Bulawayo et notamment d’aller au cinéma. A 1500 $ la place, pourquoi s’en priver ? A l’affiche, Le dernier Roi d’Ecosse, ou l’histoire romancée d’un dictateur Africain qui pete complètement les plombs (en l’occurrence Amin Dada en Ouganda). Toute ressemblance avec l’actuel président zimbabwéen Mugabe est bien sur parfaitement inconcevable. Mais que fait la censure ?????

« De manière générale, il convient d’éviter des itinéraires hasardeux et inconnus, s’écartant trop des routes principales. »

Il est vrai qu’on aurait pu rester sur les axes principaux. Grandes routes bitumées en très bon état et très peu fréquentées, étant donné la pénurie de carburant dans le pays. Les seules voitures rencontrées sont quelques pick-up surchargés de produits de consommation courante qui font la navette avec l’Afrique du Sud.

« L’utilisation des pistes sur de longs trajets est fortement déconseillée même si ces dernières peuvent représenter un raccourci sur la carte ou constituer une alternative. Ces pistes sont en effet en très mauvais état et peu fréquentées. »

On a bien sur fait tout le contraire et quitté la route principale à la première occasion. Et bien nous en a pris, tant les paysages traversés valaient le coup d’œil.

Une des seules rencontres qu on ait faite, c était avec la Sécurité Intérieure. 4 policiers en civil qui nous attendaient au milieu de nulle part « pour avoir une petite discussion ». Ne faisant pas les malins, nous avons été très très consensuels dans nos réponses. Une fois rassurées sur nos intentions qui ne comportaient ni propagande insurrectionnelle, ni activisme religieux, ni rassemblement a plus de 3 dans des cages d’escaliers, l’interrogatoire a vite repris son cours habituel : « Combien de kilomètres par jour ? », « Combien de crevaisons ? » …

Puisque que nous nous pouvions que constater « l’excellente situation » du pays, avant de nous quitter, ils nous ont instamment demandé de venir investir au Zimbabwe et d’encourager toutes nos connaissances a le faire ; ce que nos faisons volontiers par l’intermédiaire de ce blog si populaire : amis internautes, fidèles lecteurs, Investissez y, au Zimbabwe !

« Par ailleurs, la pénurie des produits de consommation courante (pain, sucre, huile, farine de maïs, viande, carburants, etc) s’est aggravée après la décision du gouvernement, fin juin, de geler le prix de la plupart de ces produits. »

Rien de plus vrai. Lorsque les supermarchés ne sont pas tout simplement fermés, ils n’ont en rayon qu une petite dizaine de produits qui se battent en duel. Dans certains, les achats sont limites à un produit par personne.

A Bulawayo, il est encore possible de trouver du pain, des fruits ou des légumes assez facilement. Mais en pleine cambrousse, pas moyen de dénicher la moindre tomate ou la plus infime banane. Dans ces conditions, on ne s’étonne pas de croiser des ONG en pleine distribution alimentaire. Pour notre part, nous nous sommes contentés des provisions pour 5 jours transportées depuis la Zambie. On est plus à quelques kilos de chargement près …

"L’extrême dégradation des conditions de vie au Zimbabwe, qui frappe la grande majorité de la population déjà très éprouvée par plusieurs années de crise, est évidemment de nature à favoriser une augmentation significative des actes de délinquance."

La population semble effectivement assez éprouvée. Les remarques désobligeantes envers le dictateur …euh, président en place sont retenues mais bien réelles, comme- « Our shity president » ou « On va bientôt tous partir en Afrique du Sud et le laisser tout seul ici»

C'est la première fois de notre voyage en Afrique que les gens parlent ouvertement du manque de nourriture. Néanmoins, l’accueil reste royal et on s’est même vu offrir des œufs dans une famille qui nous accueillait pour la nuit. Un comble. La fille de la famille qui a goûté à nos délicieuses pâtes chinoises quotidiennes les a qualifiées de « met de Noël » et a gardé l’emballage pour le montrer à ses copines le lendemain. C’est dire si on cuisine bien …

De toute la partie du pays traversée, aucune manifestation d’agressivité a notre égard. Il n’y a a priori que Bob qui veuille chasser les Blancs de ce pays.

Nous avons quitté le Zimbabwe à Beitbridge après une petite semaine, pour une première incursion en Afrique du Sud.

retour aux autres articles du journal

 

Commentaires sur cet article

Ajouter votre commentairee

Dernieres actualités
20/12/2007 : Bilan de la conclusion
19/12/2007 : Echec et mat
05/12/2007 : Black and white
09/11/2007 : Ma premiere semaine sur la GTAAVD
15/10/2007 : GTZVD
08/10/2007 : Le ?? Malaoui ??
28/09/2007 : Le Magazine de l'ete
25/09/2007 : Steppe by steppe
11/09/2007 : De la relativite en general ...
27/08/2007 : Au jour le jour
20/08/2007 : The African Touch
08/08/2007 : Venimus, vicimus, grimpimus
04/08/2007 : Breve traversee
26/07/2007 : Mada, suite et fin
13/07/2007 : La suite


Autres liens :

Tags
Dans l'ordre alphabetique - Bulawayo - Zimbabwe -