« C’est quoi donc ce pays ? » vous demandez-vous tous. Les rares personnes pour qui ce nom évoque vaguement quelque chose pensent qu’il s’agit d’un état d’Amérique du Sud, coincé entre l’Argentine et la Bolivie. Gagné ! C’est même le seul état d’Amérique du Sud a se situer en Afrique (et inversement).
Le Malawi, c’est comme chez Total ; on n’y vient pas par hasard. Tous les touristes rencontrés n’ont atterri ici que pour rendre visite à quelqu’un ou parce que ce pays se trouvait, comme pour nous, sur leur chemin entre le nord et le sud de l’Afrique.
Mais alors, pourquoi ont-ils créé ce pays ? Et ça ressemble à la Tanzanie voisine ?
Quand on passe la frontière entre la Tanzanie et le Malawi, on ne voit pas trop de différences. Comme si un Tanzanien passait la frontière entre la France et la Belgique. Et pourtant …
Alors qu’ils ont un lac en commun, les lois de circulation des bateaux sont très différentes. En Tanzanie, les bateaux partent avec 5 heures de retard et arrivent avec 5 minutes d’avance. Au Malawi, ils partent avec 12 minutes d’avance et arrivent avec 12 heures de retard. Quant aux bateaux transfrontaliers, la notion d’horaire n’existe pas.
Culinairement parlant, les Malawites font cuire les frites avant de les servir, ils ne se contentent pas de les imbiber d’huile. Ce n’est pas encore dans nos standards mais c’est déjà une révolution.
On a aussi redécouvert ce qu’est un supermarché. En Tanzanie, les épiceries vendent toutes les mêmes 3 produits : boite de thon, flacon de shampoing et biscuits secs sans goût. Au Malawi, on trouve pratiquement tous les produits qui font l’indispensable quotidien des occidentaux : saucisses en barquette, purée lyophilisée, yaourts. Ca a moins de charme que l’ugali mais ça fait du bien… Ils n’en sont encore qu’aux balbutiements de l’agroalimentaire donc ils y a encore quelques soucis avec les emballages des produits: les bouteilles d’eau fuient régulièrement, les yaourts et la purée coulent. Mais on ne va pas faire les difficiles.
Ici, les salutations se disent « give me my money ». Drôle de manière de saluer. Ils n’insistent pas mais ça n’est jamais très agréable. On a quand même droit aux rituels « Muzungu, Muzungu » de la part des enfants, que l’on pourrait traduire pour le premier par : « Bonté divine, mais ne serait-ce pas 2 Blancs a vélo que j’aperçois la devant mes yeux ébahis ; sûrement la gtaavd » et pour le second par « je vous souhaite bon courage, braves gens ! ».
Mais quand il s’agit de parler Anglais, la conversation est parfois limitée. Echange courant engagé par un autochtone (car comme partout en Afrique, ils adorent venir vous parler) :
- Malawiien : How are you ?
- Muzungu : Fine, and you ?
- Malawiien : How are you ?
- Muzungu : Euh … fine, thank you. How are you ?
- Malawiien : Thank you very much
- Muzungu : ???
Ca laisse parfois perplexe.
Au Malawi, on fait aussi des rencontres surprenantes. On a ainsi croisé, vraiment par hasard, Fred et Cathy, des amis grenoblois qu’on n’avait pas vus depuis au moins le 20 juin. Du coup on a fait vacances communes : cheval au milieu des zèbres et des antilopes dans les vastes landes désertiques du parc Nyika, puis baignades rafraîchissantes dans les eaux du lac Malawi (qui se trouve lui aussi en Amérique du Sud …).
On a aussi rencontre un Rwandais d’origine, médecin de son état ayant obtenu son diplôme a Lyon. Il tient aujourd’hui un restaurant car son diplôme n’est pas reconnu par le Malawi ! Et la, c’est moins drôle car le pays manque cruellement de médecins.
Mais il y a aussi au Malawi des points communs avec la Tanzanie : c’est un pays ou on a pédalé. 500 km quand même ! Et avec des vrais dénivelés semnoziens. Mais toujours sans avoir aperçu le moindre éléphant ni la moindre girafe … et toujours en se perdant grâce à la précision diabolique des cartes routières.
Enfin, au Malawi, on a eu une révélation : le Dieu du blog nous est apparu et nous a montré le chemin vers les commentaires que vous laissez régulièrement sur nos newsletters. On a quand même une bonne excuse : on rentre toujours sur le blog par les coulisses. Leur qualité n’a d’égale que leur quantité. Continuez, ça nous a fait chaud au cœur !!!
Commentaires sur cet article laurence ça servait à quoi alors qu'on fasse des commentaires si vous les lisiez même pas ??? Toujours est-il que certaines sources affirment avoir vu des éléphants au Malawi, près de la piscine d'un hôtel ... mais sans doute à ce moment-là étiez-vous en train de bichonner vos fidèles destriers!
cathy je confirme, de sources très sûres, la présence d'un élèphant au bord d'une piscine....mais pas d'un hôtel mais d'un camping.
D'ailleurs, les promenades nocturnes de ces joyeux pachydermes se terminaient bien souvent au milieu des tentes dont certains occupants dormaient à poings fermés pendant que d'autres veillaient à ce que l'imposant animal ne prennent pas l'idée de considérer une tente pour un confortable coussin.
Et petites précisions sur les supermarchés Malawites: lampes frontales (ou de poches, ou bougies, ou tout autres objets sources lumineuses) FORTEMENT RECOMMANDEES: bien que les caisses enregistreuses soient vraissemblablement alimentées par groupes électrogènes, les banques froides et éclairages des magasins ne le sont pas..... cherchez l'erreur....
aldric Nos commentaires vous réchauffent le coeur mais vos récits nous réchauffent tout simplement, ils nous permettent de nous évader à chaque fois et de constater également que vous conservez votre sens de l'humour!
Merci et surtout conservez la ligne!