Nous voilà enfin !! Désolés, mais la fréquence des cyber-cafés croisés sur notre route n’est pas très élevée (leur débit non plus d’ailleurs).
Après 550 km et 9 jours d’intense labeur, nous avons fini notre périple sur les hauts plateaux qui nous a conduit jusqu’à Fianarantsoa. De là nous avons délaissé les rizières pour plonger en train au milieu des bananiers vers la côte Est que nous avons ensuite remontée en longeant l’océan Indien jusqu’à notre étape actuelle : Tamatave. Nos compteurs affichent maintenant 850 km.
Avides de nouvelles expériences et pressés par le temps, nous avons aussi testé la compatibilité du vélo avec d’autres moyens de transport. Résultat : le vélo s’accommode très bien du train, où il est traité royalement dans le wagon à marchandises, bien de la pirogue à moteur tant qu’il ne pleut pas (car il rouille vite ce vulgaire tas de ferraille !), moyennement du taxi brousse où les routes chaotiques et les multiples arrimages des marchandises sur le toit entraînent autant de bosses et rayures. Plus flexibles que le vélo, nous nous accommodons bien mieux de ces moyens de transport alternatifs qui sont l’occasion de sympathiques rencontres.
Les chemins détournés que nous empruntons et notre condition de Vazaha à vélo nous offrent des expériences insolites :
- Elevés au rang de guest star à la fête d’un village, nous avons eu droit à une double ration de riz et une photo officielle avec Monsieur le Maire et Madame.
- Curieux des élaborations alcooliques locales, nous avons initialisé le concept de visite d’entreprise dans une sucrerie / distillerie.
- Assimilés à Renault Assistance, nous ouvrons souvent notre boite à outils magique pour dépanner d’autres cyclistes.
Le cyclisme est en effet une activité répandue à Madagascar, pour des motifs certes plus utilitaires que touristiques. Notre route rejoint donc souvent celles de collègues qui nous défient sur des contre-la–montre mémorables : Mada vs France. Nos surcharges (pondérale et bagagère) compensant l’état mécanique approximatif de leurs montures, les résultats sont serrés. Tout se termine par l’échange non pas des maillots, mais des vélos :
« - Dis Laurent, les gars avec qui on vient d’échanger les vélos, ils seraient pas en train de nous distancer ?
- En tous cas je suis à fond et pas moyen de les rattraper. ?/.*!§! de vélo malgache tout pourri. Si c’est le cas, ils ont gagné les passeports et tout l’argent. On est mal… ».
Rassurez-vous, tout s’est bien fini. Les Malgaches sont honnêtes.
Nous prenons de plus en plus d’assurance pour trouver un logement pour le soir. Notre tente étant décidément trop petite pour 2, nous abusons de l’hospitalité malgache pour trouver un logement en dur où dérouler le tapis de sol. Cette stratégie nous permet également de nous abriter avantageusement des averses aussi fréquentes qu’inattendues (en effet si la saison des pluies est finie depuis longtemps, on est maintenant en pleine saison pluvieuse sur la côte Est).
Nous avons ainsi eu droit dans le désordre à une école primaire, un bout de grange où sèchent les haricots, le salon de M. Le Chef Du Village, la maison inhabitée de 2 personnes venant de déménager en face (au cimetière). Le top, dont nous essayons vainement de faire notre standard, reste la demeure coloniale inhabitée. Toutes ces rencontres nous donnent l’occasion d’enrichir notre carnet d’adresse qui compte maintenant un nombre impressionnant de maires, notables et commerçants. Bref, tout le gratin malgache.
Notre dépense énergétique quotidienne nous contraint à une diététique draconienne : dans la journée, beignets à tout et à rien (mais surtout à l’huile) achetés sur le bord des routes, et le soir, invariablement, pâtes chinoises, sardines, bananes, exceptionnellement agrémentées de Vaches qui Rient. Rassurez-vous, nos étapes urbaines nous permettent de nous rattraper avec steaks de zébus, brochettes de gambas et des litres de THB (l’insipide bière locale).
La prochaine étape est maintenant l’île de sainte Marie : plage de sable fin, cocotiers et farniente pour nous reposer des efforts consentis : on a bien mérité quelques vacances !
En cette veille de 14 juillet, bonne fête Nationale et profitez bien de votre samedi férié !
Commentaires sur cet article anne-laure super votre site!
merci de nous faire voyager... les fesses posées sur une chaise, même si je vous envie...
pédalez-bien!
à
AL
Fabrice et Claire merci pour vos commentaires !!!! juste une question... votre selle en bois est elle confortable ou pas ??? :-)
les photos sont sympas, j'attends les plages de sables fins maintenant !!!
a
aldric Super sympa les photos, merci de partager ces quelques moments avec nous. Ici, on n'en fini plus de prendre l'eau, alors vos photos nous font voyager!!!
Finalement, si je comprend bien,les vélos servent à faire les relais entre les gares routières et les gares du chemin de fer local?
Bonnes routes!
clem et marie Narguez-nous avec vos cocotiers et vos plages de sable fin !!! ;-))
Vos photos et commentaires sont extras ! Arthus-Bertrand vous arrive à la cheville !! Merci de nous faire partager votre voyage !
Bizzz
solenne Un vrai bonheur votre blog!
J'avais presque oublié la Three Horses Bier! Et que pensez-vous la toaka gasy? Ca pique?!
Grande pensée.
dahu fou excellent, mort de rire pour vos photos inclassables !
bon maintenant va falloir arreter de vous amuser et penser a pedaler un peu ;-)