L’Afrique du Sud, c’était la grande inconnue de cette grande traversée. C’est intéressant ou non ? C’est joli ou c’est laid ? C’est dangereux ou pas ?
Nous avons traverse la frontière tout au nord du pays, a Messina. Très vite, on a constate que la décoration dans le pays était très différente des pays précédents, surtout dans les quartiers blancs : barbelés sous des formes très variées, panneaux de mise en garde “Armed response”, chiens aux babines baveuses aboyant a notre passage.
On a découvert le luxe d’une guest-house confortable avec TV satellite et serviettes de toilette propres. Et surtout, c’était le 20 octobre, LA soirée de la finale de la coupe du monde de rugby, passée avec les propriétaires, qui ont sorti quelques bonnes bouteilles de vin pour l’occasion. Du bon vin, quel Bonheur … Dans la discussion, ils nous ont très vite indiqué qu’il nous arriverait des problèmes en route niveau sécurité : “you’ll be killed before Cape-Town’. Ce discours hyper-alarmiste nous sera d’ailleurs répété par une majorité de Blancs avec qui nous discuterons tout au long de notre parcours Sud-Af. Rassurez, il ne nous est rien arrivé et on n’a pas eu de sentiment particulier d’insécurité.
Puis on a repris la route : on a traversé le pays Venda oue on a testé les premières zones montagneuses, puis une grande plaine parsemée de grandes fermes agricoles. Après ça on a attaqué la vraie montagne : Blyde River Canyon, un peu les gorges du Verdon locales, spectaculaires.
En route nous avons rencontré notre premier roi mage : Ampie. Alors que nous cherchions un logement aa pas cher pour passer une nuit au sec (car on a aussi redécouvert la pluie en Afrique du Sud, et c’est pas cool quand on campe), Ampie nous est tombé dessus alors qu’on ne lui demandait rien, nous a chargé dans son pick up et nous a amené dormir dans une boutique désaffectée ou il loge les gars de son entreprise de construction. Sur ce il nous a aussi donné 100 rand (10 euros) en s’excusant de ne pas avoir plus. Et il nous aurait bien invité chez lui mais c’était hors de notre route. Nous on n’a pas bien compris ce qui nous arrivait, on n’avait rien demandé mais on n’a rien refusé, par politesse …
Ensuite c’était une petite incursion au Swaziland et un passage par Maputo, capitale du Mozambique. On a pu goûter a quelques jours de culture latine dans cette ancienne colonie portugaise, ça fait du bien de sortir de la culture anglo-saxonne (merci Céline et Emmanuel pour votre accueil). Quelques pistes sablonneuses dans le sud du pays pour aller goûter aux eaux chaudes de l’Océan Indien.
Et la, un problème a surgi : faire 10 km de piste sablonneuse pour rallier l’Afrique du Sud et ses routes bitumées. On ne songe même pas mettre un bout de pneu de nos vélos de 40 kg dans du sable. C’est alors qu’apparut notre second roi mage : Paul, aussi surnomme Super-Paul (prononcez Sioupeur-Pauull). Nous voyant désespérés face a cette piste vélo-phobe, Paul nous a invité a prendre des bières chez lui (coutume Sud-Af), a manger un délicieux hot-dog (autre grande coutume locale) puis nous a conduit a la frontière dans son Land-Rover. Toujours par politesse, on n’a pas refusé. Il nous avait invité a rester une semaine en vacances avec lui pour faire de la peche au gros, mais on n'a pas cédé aux sirénes du farniente. Faut pas déconner, on a un métier nous … On a quand même pris ses coordonnées, car par chance, Paul habite a Pietemaritzburg, charmante ville ou nous faisons étape 10 jours plus tard. On y a bien sur retrouvé Paul chez qui on a logé, et qui nous a payé des bières (encore !) et nous a baladés une journée a Durban, la grande ville d’a coté.
Entre le Mozambique et Pietermaritzburg nous avons visité la réserve animalière de Hluluwe ou nous avons enfin pu voir des gros animaux de près : beaucoup de buffles et de rhinos, quelques éléphants, des girafes et plein de gazelles. Mais, oh grande déception, pas de lion.
Ensuite nous avons traversé le pays Zoulou. L’Afrique du Sud se veut être “la nation arc-en-ciel”. Nous on dirait plutôt que c’est la nation “échiquier” : il y a des Blancs, il y a des Noirs, mais surtout, il n’y a jamais de Blancs et de Noirs mélangés. 50 ans d’Apartheid ne s’effacent pas comme ça. Dans notre voyage, nous sommes donc passes de régions ou il y a des Blancs (souvent les grandes villes, ou de riches campagnes) a des régions ou il y a des Noirs (pays Venda, Zululand, …).
Après Pietermaritzburg, c’était 1 semaine d’incursion au Lesotho pour un retour a l’Afrique profonde. Le Lesotho, se surnomme “le royaume dans les nuages”, car c’est le seul pays au monde a se trouver entièrement a plus de 1400m d’altitude, et en plus c'est un royaume. Et les 1400m, il faut les atteindre avec nos vélos chargés ! On a meme atteint plus de 3200 m. On a fait un retour aux nuits passées chez l’habitant, aux cartes imprécises qui nous amènent sur des pistes semnoziennes ou même les chèvres n’osent plus aller. Au bout d’1 semaine c’était l’arrivée a la capitale, Maseru, ou nous avons pu loger chez la formidable équipe d’Action Contre la Faim (merci les filles !).
Puis on a regardé le calendrier, la carte du pays et on s’est aperçu qu’on n’arriverait jamais a temps au Cap pour prendre l’avion. On a donc fait du stop jusqu’a Bloemfontein puis avons pris un train qui nous a déposé un matin a 5h00 dans une gare déserte du Karoo, le grand désert sud-africain. Ambiance Bagdad Café …
Nous avons parcouru les 700 derniers kilomètres en traversant le Little Karoo, ses charmantes montagnes, ses traditions culinaires de bon niveau, ses grands domaines viticoles. Le retour vers une ambiance européenne, initiée lors de l’arrivée en Afrique du Sud, s’est encore intensifiée …
C’est au cours de la visite d’une propriété viticole que nous avons rencontré notre troisieme roi mage : Rudi. Mais contrairement a l’histoire du petit Jésus, celui-la était blanc, comme les 2 autres. Rudi nous a invité a dormir chez lui, toujours sans que nous ne lui demandions rien. Etant invité a un dîner, il nous a laissé l’appartement pour la soirée. Drôle d'hospitalité blanche qu’on ne verrait pas en Europe.
Avant de rallier notre destination finale CapeTown, nous avons fait un crochet par le Cap de Bonne Esperance, fort venteux. Et enfin, dernière étape de 60 km sur des routes en corniche de la péninsule surplombant l’Atlantique avant d’apercevoir Table Moutain et enfin CapeTown !!
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